mercredi 21 septembre 2022

Fais-le pour maman, de François-Xavier Dillard

 

J'ai mis beaucoup de temps avant de me décider à finalement écrire une critique sur ce livre. Je l'ai déjà mentionné à plusieurs reprises dans ce blog, je ne publierai jamais une critique sur un livre que je n'ai pas aimé du tout. Et cela fait longtemps que j'applique la règle suivante: si je n'accroche pas du tout à l'histoire ou à l'écriture de l'auteur(e), j'arrête rapidement la lecture et je passe au livre suivant. Il y a tellement de bons polars à lire que je ne perds plus de temps. Donc écrire un article sur un livre que j'ai arrêté au bout d'une dizaine de pages ne sert à rien, de mon point de vue. Je n'ai pas arrêté la lecture de Fais-le pour maman, j'ai terminé le livre parce que j'avais envie de savoir comment cette histoire très noire allait se finir. Et pourtant, ce thriller me laisse globalement une impression mitigée. 

J'ai un peu de mal à définir ce livre, mélange de thriller sanglant, de suspense psychologique et de roman noir familial. Fais-le pour maman raconte principalement l'histoire tragique de Sébastien Venetti, qui a connu un drame familial sanglant dans son enfance. Aujourd'hui médecin généraliste dans une ville de province, Sébastien élève seul ses deux filles, sa femme étant décédée subitement dans des circonstances très glauques. 

Bon, vous l'aurez compris, il flotte vraiment autour de ce père célibataire une aura sombre, très sombre. Une sorte de nuage noir qui recouvre en permanence la vie de Sébastien, et cela ne va pas aller en s'arrangeant, puisque de mystérieux décès d'enfants parmi ses patients vont semer encore plus le trouble dans l'existence de ce père et médecin en apparence sans histoire. Mais c'est bien connu, il faut toujours se méfier des apparences...

Pour son deuxième roman, François-Xavier Dillard ne lésine pas sur le romanesque, et nous offre une intrigue diabolique, riche en suspense et en rebondissements. En outre, l'auteur laisse planer un doute omniprésent sur la véritable personnalité de Sébastien. Une ambiguïté apportant une vraie valeur ajoutée à ce récit à plusieurs voix qui entremêle passé et présent. 

Sur la forme, par contre j'ai eu du mal à accrocher au style d'écriture de l'auteur. Il y a quelques maladresses d'écriture, certaines phrases sont trop longues, ce qui donne un côté un peu lourd au récit. J'ai parfois aussi ressenti un manque de fluidité et de clarté. Après, je ne dis pas non plus que c'est mal écrit, car globalement l'histoire est plutôt facile à suivre et à comprendre. Et encore une fois, j'avais vraiment envie de connaître le fin mot de cette histoire très noire, il faut le reconnaître. Après, je ne suis pas sûr d'avoir envie de lire d'autres productions de cet auteur. Je n'ai ni aimé ni détesté ce livre, mais je l'ai terminé, point final. 

François-Xavier Dillard, Fais-le pour maman, Pocket, 320 pages, sorti pour la première fois en France en 2014. 

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vendredi 9 septembre 2022

Sous les décombres, de Mechtild Borrmann

 

Avec Sous les décombres, Mechtild Borrmann signe un nouveau livre captivant et poignant, à la croisée du polar, du roman historique et de l'histoire familiale. C'est sa marque de fabrique, et à chaque fois la mayonnaise prend. Il faut souligner que les ingrédients de l'auteure allemande sont toujours de qualité. J'avais adoré Rompre le silence et Le Violoniste, et j'ai également adoré Sous les décombres, peut-être son roman le plus fort, le plus bouleversant, le plus dur aussi. Une histoire franchement noire, d'un réalisme terrifiant. Je me suis vraiment senti concerné par ce qu'il arrivait aux personnages. Mechtild Borrmann maintient les lecteurs dans un état de suspense, se demandant ce qui va bientôt arriver dans l'histoire. On sait qu'un drame terrible va survenir, on le sent, car l'auteure distille savamment ses indices, c'est du grand art.  

Hambourg, hiver de 1946-1947, le froid terrible, et la misère, surtout la misère qui règne dans une ville dévastée par les bombardements. Hanno et sa petite soeur Wiebke arpentent inlassablement les décombres pour trouver de quoi survivre. Un jour le jeune garçon découvre, dans une baraque en ruines le cadavre d'une femme nue, et à ses côtés un petit garçon de trois ou quatre ans, hagard, prostré, muet. La mère de Hanno et Wiebke acceptent de le recueillir, et finira par l'adopter. L'enfant sera prénommé Joost mais son identité reste un mystère entier. 

Plus de quarante ans après, Joost est devenu architecte et se rend dans un village de campagne pour restaurer un ancien domaine équin. Et étrangement ce lieu lui semble familier. Joost y rencontre Anna, dont la mère a passé toute sa jeunesse dans ce domaine mais a toujours refusé d'en parler. Anna et Joost, deux personnages animés par la même quête de vérité. Qui va les obliger à exhumer leur propre passé et, ce faisant, à remettre en lumière tout un pan peu glorieux de l'histoire de l'Allemagne. Fascinant, mais surtout terrifiant. 

Au final, un récit chargé d'émotion et d'atmosphère, remarquablement bien construit, et très bien écrit dans un style limpide d'une grande puissance d'évocation. Assurément l'un des meilleurs romans de Mechtild Borrmann. 

Mechtild Borrmann, Sous les décombres, Le Livre de Poche, 341 pages, traduit de l'allemand par Sylvie Roussel, sorti en 2016 (Allemagne) 2019 (France)

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mercredi 31 août 2022

Fermer les yeux, d'Antoine Renand

 

D'habitude, je n'aime pas trop écrire ma critique "à chaud", tout de suite après avoir lu le livre. Je préfère prendre un peu de recul, me donner le temps de la réflexion, mais pour Fermer les yeux, je vais faire une exception. Une critique pas comme les autres pour un thriller pas comme les autres, que je viens de terminer, encore sous le choc, complètement sonné, soufflé par l'impact émotionnel que provoque cette histoire à la fois stupéfiante et terrifiante. Dès les premières phrases du livre, j'ai senti que j'avais entre les mains un fulgurant thriller impossible à lâcher. Une bombe textuelle survitaminée, un page-turner glaçant. Antoine Renand nous entraîne dans un vortex de terreur, nous embarque dans cette histoire d'une noirceur absolue. Assurément l'un des meilleurs thrillers français de ces dernières années. 

Globalement j'ai retrouvé dans Fermer les yeux tout ce que j'avais aimé dans L'empathie, autre chef d'oeuvre de cet auteur surdoué: les éléments qui composent l'intrigue sont classiques mais quel sens du suspense, quelle maîtrise du rythme et des atmosphères, quelle justesse et quelle profondeur dans la psychologie des personnages, et quelle puissance dans l'écriture, âpre, physique, intense, spectaculaire. 

Je ne vous fais pas un résumé de l'intrigue, et vous livre juste quelques mots clés: crime pédophile, meurtres en série, psychopathe, injustice, rédemption. Et un retournement final qui m'a sidéré. C'est bien simple, je me faisais violence pour ne pas sauter de pages, tellement j'avais envie de connaître la suite de cette histoire très prenante. Cardiaques et âmes sensibles s'abstenir, car Fermer les yeux est bien plus qu'un livre, c'est une expérience à part entière, éprouvante pour les nerfs et noire comme le cauchemar. L'auteur nous oblige à regarder en face l'intolérable, l'indicible. 

Au final, un thriller de tout premier ordre, captivant du début à la fin, et qui met en scène des personnages hors normes. Une histoire riche en suspense et en rebondissements, et surtout saisissante d'émotions en tout genre. Du très très haut niveau, avec des personnages forts et un scénario diablement efficace, Antoine Renand signe une machiavélique histoire de rédemption. 

Antoine Renand, Fermer les yeux, Pocket, 480 pages, sorti pour la première fois en France en 2020. 

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mardi 30 août 2022

La Forêt des disparus, d'Olivier Bal

 

Après l'Affaire Clara Miller, Paul Green s'est mis au vert. Terminé le journalisme, l'homme brisé, meurtri par la vie s'est replié, depuis plusieurs années, dans un bled appelé Redwoods. Plus précisément une station balnéaire de l'Oregon coincée entre l'océan pacifique et une immense forêt. La Forêt des disparus, parce que chaque année des randonneurs de tout horizon viennent s'y aventurer, et certains d'entre eux disparaissent à jamais... ou pas. Il suffit qu'une adolescente marginale du coin se trouve au mauvais endroit, au mauvais moment, et soit témoin d'atrocités. Mais pourquoi a-t'il fallu qu'elle aille frapper à la porte de Paul Green pour trouver de l'aide ? Elle ne pouvait pas le laisser tranquille, ce pauvre Paul, qui a largement eu son compte en matière d'horreurs. Inéluctablement l'instinct du bon journaliste va se réveiller. 

Et donc Paul va encore aller fouiner là où il ne fallait pas, et déterrer les secrets inavouables de Redwoods. Oui ce nouveau thriller d'Olivier Bal sent la poudre et l'atmosphère viciée d'une petite ville américaine recluse. L'auteur laisse ici libre cours à la force de son imagination et ne lésine pas sur le romanesque, nous offrant ainsi l'un de ses meilleurs romans. Une sorte de huis clos cauchemardesque, un chant funèbre sur un univers de démence et de sang. 

Sur la forme, l'auteur montre une maîtrise impressionnante dans la conduite de son récit à plusieurs voix, qui entremêle habilement le passé et le présent. Tout est ici subtilement et efficacement contrôlé. L'auteur tisse une toile diabolique, machiavélique, avec son lot de surprises et de révélations. De l'action, du suspense, des rebondissements incessants, on en a pour son argent. Au final, une histoire terrifiante qui met en scène des personnages hors normes. 

Olivier Bal, La Forêt des disparus, Pocket, 480 pages, sorti pour la première en France en 2021. 

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dimanche 28 août 2022

Jamais je ne reviendrai, de Brian Freeman

 

Avec son inspecteur Jonathan Stride, l'auteur Brian Freeman a peut-être créé l'un des personnages les plus attachants de la littérature policière américaine. Ce quadragénaire solitaire, qui ne s'est jamais remis de la mort de sa femme, fait régner l'ordre dans la ville moyenne de Duluth, au bord du lac Supérieur, côté Minnesota. Jonathan se réfugie totalement dans son travail qu'il exerce avec un talent certain, et ce notamment pour les enquêtes difficiles. Et justement l'inspecteur ainsi que sa coéquipière Maggie n'ont jamais réussi à retrouver Kerry, une jeune fille disparue, un an plus tôt, sans laisser de traces. Alors quand une autre jeune fille, la sulfureuse Rachel, disparaît à son tour, la question se pose de savoir si les deux événements ne seraient pas liés. Jonathan et Maggie ne sont pas au bout de leur surprise. 

Jamais je ne reviendrai est la première enquête de l'inspecteur Stride que Brian Freeman a mis en scène dans une dizaine de romans. Une série policière qui est toujours en cours, mais seuls les cinq premiers opus ont été publiés en France, ce qui est bien dommage. Pour moi, Jamais je ne reviendrai est de très loin le meilleur des cinq. C'est une mécanique de précision parfaitement huilée qui renverse tout sur son passage, un page-turner à l'américaine d'une redoutable efficacité, dans la lignée des meilleurs Harlan Coben, Lisa Gardner, James Patterson et autres Linwood Barclay et Jonathan Kellerman. 

Certes l'intrigue est classique, mais Brian Freeman sait raconter une histoire et captiver ses lecteurs. L'auteur entretient très habilement le mystère en multipliant les fausses pistes et en distillant savamment les indices. L'intrigue est remarquablement construite, et le style d'écriture est limpide et percutant. Un vrai plaisir de lecture. 

Au final, Jamais je ne reviendrai est une histoire palpitante à suivre, riche en suspense et en rebondissements, sans pour autant perdre en crédibilité. Tout sonne juste dans ce roman qui met en scène des personnages principaux très attachants, pétris d'humanité. Des personnages tellement vrais qu'on a l'impression qu'ils vont sortir du livre à tout moment. Une totale réussite, un polar culte de tout premier ordre. 

Brian Freeman, Jamais je ne reviendrai, Les Presses de la Cité, 468 pages, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-Charles Provost, sorti en 2005 (Etats-Unis) 2006 (France)

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vendredi 26 août 2022

Fenêtre sur crime, de Linwood Barclay

 

Linwood Barclay est un écrivain prolifique, très prolifique, à l'instar des Harlan Coben, Michael Connelly, Jonathan Kellerman et autres Lisa Gardner et John Grisham. Et je trouve que la qualité de ses productions n'est pas toujours au rendez-vous. J'ai bien aimé Cette nuit-là et Crains le pire, beaucoup moins Les Voisins d'à côté et Mauvais pas, ou encore Ne la quitte pas des yeux. Depuis le début de sa carrière d'écrivain, l'auteur s'est positionné sur ce que j'appelle le thriller commercial par excellence, le fast book, vite lu, vite oublié. Rien de péjoratif dans ce que je décris, il faut avoir du talent pour écrire ce type de livre, notamment pour imaginer et construire des intrigues machiavéliques, riches en suspense et en rebondissements incessants. 


La qualité des intrigues est donc primordiale, la façon de raconter l'histoire et de camper des personnages souvent ordinaires auxquels les lecteurs peuvent s'identifier aussi. Mais comme Linwood Barclay applique toujours la même recette, les ingrédients qui la composent doivent être de qualité, sinon le plat servi sera bien fade. Très clairement Fenêtre sur crime fait partie des très bon crus de l'auteur, c'est même probablement l'un de ses meilleurs romans. 

Je vous résume brièvement l'intrigue: Ray Kilbride revient dans sa ville natale suite au décès accidentel et donc soudain de son père. Ray a un frère, Thomas, atteint de schizophrénie, qui vit reclus dans sa chambre et passe ses journées sur son ordinateur à parcourir virtuellement le monde en utilisant un programme de cartes intéractives. Mais un jour, en se "baladant" dans les rues de Manhattan, le jeune homme est persuadé d'avoir aperçu une scène de meurtre à travers la fenêtre d'un immeuble. Ray et Thomas se retrouvent alors embarqués dans une histoire stupéfiante mais surtout terrifiante.  

Fenêtre sur crime coche toutes les cases du roman à suspense impossible à lâcher: des personnages attachants, une intrigue diabolique, tordue, un style d'écriture alerte, de l'action, du suspense et des rebondissements incessants jusqu'à la toute dernière page du livre. Oui la dernière page. Le twist final auquel on ne s'attend pas du tout. Enfin, moi en tout cas, je n'ai rien vu venir. Au final, un Linwood Barclay au mieux de sa forme délivre un très bon page-turner, qui m'a fait monter le palpitant plus d'une fois. 

Linwood Barclay, Fenêtre sur crime, J'ai Lu, 544 pages, traduit de l'anglais (Canada) par Renaud Morin, sorti en 2012 (Canada) 2014 (France)

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jeudi 25 août 2022

Miroir obscur, d'Ivan Zinberg

 

Miroir obscur est le second volet d'un dyptique consacré à Los Angeles et mettant en scène le paparazzi Michael Singer et l'inspecteur Sean Madden. Avec Miroir Obscur, Ivan Zinberg clôt également sa trilogie américaine puisque l'action de son quatrième et dernier roman Matière noire se déroule en France, pays d'origine de l'auteur, qui est également capitaine de police. Pour moi Matière noire est à ce jour son meilleur roman, et Miroir Obscur son moins bon. Alors attention tout est relatif, je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un mauvais roman, loin s'en faut. Vous pouvez l'emporter dans vos valises les yeux fermés et passer de bonnes heures de lecture, tranquillement installés sur votre transat. La Zinberg touch est bien là, une écriture incisive, limpide, au service d'un récit rigoureux dans sa construction, et riche en rebondissements. 

Je vous résume brièvement l'intrigue: Michael Singer gagne beaucoup d'argent en tant que paparazzi mais cherche à se reconvertir en journaliste d'investigation en réalisant des reportages plus sérieux. Mais moins lucratifs. Alors c'est bien connu, l'occasion fait le larron. Et l'occasion pour Michael de frapper un dernier gros coup va se présenter quand un gynécologue très en vue est assassiné de manière spectaculaire à son domicile. La carte de visite de Michael Singer paparazzi est retrouvée près du cadavre. Les meurtres de célébrités vont se poursuivre, impliquant toujours plus Michael, qui entre même en contact avec le tueur. Mais avant d'aller voir la police, le paparazzi va vendre ses informations à un tabloïd. Le business avant tout, oui, avant absolument tout. 

Sur le fond, avec Miroir obscur, Ivan Zinberg termine son exploration de la société américaine, ses travers, ses excès, ses déviances. Une société qui court après le buzz, les scoops, et l'argent, surtout l'argent, et la règle est simple: la fin justifie toujours les moyens. La notion d'instantané, et donc de rapidité est essentielle. L'information en temps réel, vite consommée, vite oubliée, vite renouvelée. Peu de place pour l'introspection et l'analyse de fond, l'important est de donner l'information avant les autres, à tout prix. Tout cela ne respire pas l'intelligence. Je trouve que, de ce point de vue, l'auteur fait très bien ressortir cette impression de superficialité, cette atmosphère de surface, accentuée par la construction du récit. 

Sur la forme, je ne dis pas qu'il ne se passe rien, mais la première moitié du roman ronronne un peu trop à mon goût. Il y a beaucoup de répétitions, de redondances, l'histoire est très factuelle, au détriment de l'émotion. C'est méthodique, froid, clinique. Mais bon je pense avoir compris les intentions de l'auteur, c'est le propos qui veut ça finalement. Ce n'est pas incohérent si on replace tous ces éléments dans le contexte de l'histoire. Et le récit est très clair, un vrai confort de lecture quand on n'a pas envie de se prendre la tête. Mais tout est question de dosage, et ce manque d'émotions m'a un peu perturbé. 

Pour résumer, Miroir obscur a les défauts de ses qualités. Par contre la deuxième moitié de l'histoire est palpitante, avec son lot de surprises et de révélations. Au final, pas le meilleur thriller de l'auteur, mais ça se lit sans problème, l'ensemble est globalement bien ficelé, et l'auteur ne lésine pas sur les rebondissements. 

Ivan Zinberg, Miroir obscur, La Mécanique Générale, 491 pages, sorti pour la première fois en france en 2017.

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