mercredi 21 août 2019

NUIT BLANCHE

NICOLAS DRUART

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Auteur français
Editions Pocket
Poche 450 pages
Sélection Guide polar de Pietro
Première publication France:
2018
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Nuit blanche assurée, effectivement...


... Pour toi qui t'apprêtes à ouvrir la première page de ce fulgurant thriller. Plus qu'un livre, c'est une véritable expérience que tu vas vivre, éprouvante, terrifiante, frontale, rarement un roman n'aura aussi bien porté son nom que celui-ci. Tu viens de commencer à lire ce suspense sanglant, et tu avais des engagements pour la soirée ? Annule-les immédiatement. Car tu vas passer une nuit blanche à dévorer ce vrai thriller, une mécanique de précision qui balaie tout sur son passage. Un furieux page turner impossible à lâcher avant la toute dernière page, un vrai thriller riche en suspense et en rebondissements. Une intrigue époustouflante, tordue, taillée au couteau, un feu d'artifice d'action, des scènes choc, un frisson à chaque page, des retournements de situation, bref Nuit blanche est une bombe textuelle survitaminée, un livre à grand spectacle, on en a pour son argent. C'est MON thriller de cet été 2019 !

Sur le fond, Nicolas Druart a réuni dans ce roman tous les ingrédients nécessaires pour que tu passes une nuit blanche, ou plutôt une nuit de terreur pure. Car je t'avertis tout de suite, le menu est chargé: tu prends une petite ville fictive du Sud-Ouest de la France, au sein de laquelle se trouve un hôpital complètement isolé, coincé sur un isthme encadré par la rivière. Puis tu ajoutes une tempête d'une violence inouïe qui s'abat sur l'établissement, tandis que les gendarmes amènent un patient atteint de malaria et plongé dans le coma depuis des mois. Bon, accessoirement, le patient en question est aussi un redoutable tueur en série. La tempête virant à l'apocalypse pure et simple, le personnel soignant et les patients de l'hôpital se retrouvent coupés du monde, isolés. Ensuite c'est sauve-qui-peut, les meurtres sanglants et autres catastrophes en tout genre vont se multiplier au cours de cette longue, très longue nuit. Un cocktail explosif pour un premier roman épicé c'est le moins que l'on puisse dire. Un huis clos noir comme le cauchemar.

Infirmier de profession, Nicolas Druart fait une entrée fracassante dans le polar français avec ce roman décapant qui se dévore d'une traite, l'auteur fait preuve d'une vertigineuse inventivité pour nous faire passer une vraie nuit blanche. Sur la forme, c'est bien écrit dans un style simple, limpide, percutant, au service d'un récit fluide, sans temps mort. L'auteur ne lésine ni sur le romanesque ni sur les rebondissements, jusqu'à la dernière ligne, pour notre plus grand bonheur. Un premier roman totalement réussi, abouti, qui révèle un écrivain de talent à l'imagination débordante. 

Dans le même genre sur ce blog:
Puzzle, Franck Thilliez
Shutter island, Dennis Lehane
Embruns, Louise Mey



mardi 20 août 2019

BETTY

ARNALDUR INDRIDASON

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Traduit de l'islandais par Patrick Guelpa
Editions Points
Poche 240 pages
Première publication:
2003 (Islande)
2011 (France)
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Un livre incandescent, brutal, noir comme le cauchemar.


Betty a été écrit entre deux romans de la série mettant en scène le désormais mythique commissaire Erlendur Sveinsson. Betty est un roman assez court qui se dévore d'une traite, tant cette histoire intense et pleine de rebondissements vous prend aux tripes. Je vous résume brièvement l'intrigue; Le personnage principal, qui raconte l'histoire, tombe totalement sous le charme, ou plutôt sous la coupe d'une femme fatale qui cherche en réalité le parfait pigeon pour une mission très simple: se débarasser définitivement de son mari très riche, et hériter de sa fortune. Quand survient environ aux deux tiers du roman un rebondissement à faire pâlir les scénaristes du monde entier. Un retournement de situation qui va conditionner le reste du roman. Ou plus exactement un changement de perspective qui apporte un éclairage nouveau à l'histoire dans son ensemble. Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse le soin de découvrir ce petit one shot très réussi.

Bien sûr, le grand Arnaldur Indridason rend ici hommage au chef d'oeuvre de l'américain James M. Cain Le facteur sonne toujours deux fois. Betty est donc un remake à la sauce Indridason de la célèbre tragédie amoureuse mise en scène par le regretté écrivain américain. L'immense talent du plus célèbre des écrivains de polars islandais faisant le reste. Meneur d'intrigues hors pair, dialoguiste de grand talent, créateur de personnages forts, Indridason démontre toute l'étendue de ses qualités avec ce roman très réussi. Un récit très noir, une intrigue taillée au couteau, tendue à l'extrême, qui entremêle habilement le présent et le passé. Au final, un court roman noir cruel, impitoyable dans la lignée des grands polars hard-boiled américains du siècle dernier. 

Du même auteur sur ce blog:
La femme en vert ; Dans l'ombre

Dans le même genre sur ce blog:
Corps-à-corps, Martin Holmen
Hors champ, William Bayer
Dérapage, James Siegel

lundi 19 août 2019

DERNIER ÉTÉ POUR LISA

VALENTIN MUSSO

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Auteur français
Editions Points
Poche 467 pages
Sélection Guide polar de Pietro
Première publication France:
2018
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Un Cold Case chaud et bien huilé....


Enfin, pas vraiment un Cold Case dans la mesure où Ethan Walker a été déclaré coupable du meurtre de sa petite amie Lisa Nielsen survenu le 21 août 2004. Douze ans plus tard Ethan est libéré et revient à Black Oak, petite ville du Wisconsin où Nick Altman son meilleur ami a également grandi. Nick, devenu écrivain, qui revient aussi dans sa ville natale pour enterrer son père, et au final aider Ethan à prouver son innocence aux yeux des habitants, la plupart d'entre eux le croyant toujours coupable du meurtre de l'adolescente. Alors qui a tué Lisa Nielsen un soir d'été au bord d'une plage déserte du lac Michigan ? Vous le saurez en lisant ce thriller psychologique de haute volée.

Dernier été pour Lisa est effectivement plus un suspense psychologique qu'un whodunit au sens strict du terme. Les enquêteurs ne sont pas des policiers mais un écrivain et un rentier obsédé par les erreurs judiciaires. Nick Altman et Alistair Brandeau vont chercher à percer les secrets de Black Oak, et ce ne sera pas chose facile. Car la liste des suspects potentiels s'allonge de jour en jour. Dernier été pour Lisa est un thriller qui sent la poudre et l'atmosphère viciée d'une petite ville du Midwest américain. C'est surtout un suspense riche en rebondissements jusqu'au coup de théâtre final.

Valentin Musso, le frère de l'écrivain le plus lu de France, monte en puissance de livre en livre, je trouve que ses productions s'améliorent, et Dernier été pour Lisa est à ce jour son meilleur roman, un très bon thriller psychologique à l'américaine, dans la lignée des meilleurs Harlan Coben, Lisa Gardner, et autres Wendy Walker et Chevy Stevens. Tout est subtilement et efficacement contrôlé de la part de l'auteur qui montre une maîtrise impressionnante dans la conduite de son récit. C'est bien écrit, dans un style fluide et limpide, peu descriptif et surtout centré sur la psychologie des personnages, sur les rapports humains. J'ai été captivé par l'intrigue haletante qui entremêle habilement le présent et le passé, à la manière, justement, de la célèbre série télévisée Cold Case. C'est donc un sans-faute pour Valentin Musso qui maîtrise totalement son art.

Du même auteur sur ce blog:
Sans faille

Dans le même genre sur ce blog:
La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, Joël Dicker
La disparition de Stephanie Mailer, Joël Dicker
Après la nuit, Chevy Stevens
Qui je suis, Mindy Mejia



dimanche 18 août 2019

LE TRICYCLE ROUGE

VINCENT HAUUY

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Auteur français
Le Livre de Poche
512 pages
Sélection Guide polar de Pietro
Première publication France:
2017
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Un thriller à l'américaine qui flirte avec le paranormal.


Le Tricycle rouge est le premier thriller du français Vincent Hauuy, qui vit au Canada avec sa famille. Si vous souhaitez prendre le plus de plaisir possible à la lecture de ce polar saignant, un conseil: partez du principe que l'intrigue est purement romanesque, que l'univers complexe créé par l'auteur est fictif. N'essayez pas à tout prix de faire coller ce récit à une réalité tangible. L'auteur flirte même parfois avec le paranormal. Mais on ne peut pas non plus ranger ce thriller dans la catégorie du fantastique. C'est un roman dans la lignée des meilleurs Maxime Chattam, Franck Thilliez, et autres Donato Carrisi et Sandrone Dazieri.

Sur le fond, il faut bien l'admettre, rien de nouveau sous le soleil, les éléments qui constituent l'intrigue ont déjà été utilisés dans des précédents romans. Les thèmes abordés sont classiques et bien connus. Je ne m'attarderai donc pas trop sur l'histoire en elle-même. Le personnage principal Noah Wallace est un ancien profileur handicapé physiquement et mentalement suite à un grave accident de la route, alors qu'il pourchassait un redoutable tueur en série. Noah va de nouveau enquêter sur une série de meurtres atroces commis au Canada et aux Etats-Unis, par un serial killer qui semble personnellement connaître le profileur. Qui se retrouve embarqué dans une sombre machination. Rien de nouveau sous le soleil, comme je vous le disais...

L'intérêt de ce très bon thriller ne réside donc pas dans l'originalité de son intrigue classique, mais dans son atmosphère et dans la façon dont l'auteur raconte son histoire. C'est très bien écrit, dans un style simple, alerte, percutant au service d'un récit très fluide, remarquablement construit, qui contient bien évidemment des québéquismes. Certes les éléments de l'intrigue sont classiques, mais leur combinaison forme un puzzle complexe, machiavélique, diabolique. L'intrigue est très bien ficelée et nous tient en haleine jusqu'au bout. J'ai dévoré ce page turner d'une redoutable efficacité, qui porte la marque d'un écrivain de talent. Le premier volet réussi des enquêtes de l'attachant Noah Wallace qui n'a pas encore livré tous ses secrets, c'est certain. Bienvenue  dans l'univers du concepteur de jeux vidéos Vincent Hauuy. 

Dans le même genre sur ce blog:
Tu tueras le père, Sandrone Dazieri
La conjuration primitive, Maxime Chattam
Dompteur d'anges, Claire Favan

mercredi 24 juillet 2019

CET ÉTÉ-LÀ

LEE MARTIN

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Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Fabrice Pointeau
Editions 10/18
Poche 360 pages
Sélection Guide polar de Pietro
Première publication:
2005 (Etats-Unis)
2017 (France)
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Dans les méandres tortueux de la psychologie humaine.


Début des années 70, dans une petite ville de l'Indiana, un Etat du Midwest des Etats-Unis, l'été bat son plein, Les MacKey mènent une vie tranquille dans une bourgade où il ne se passe jamais rien d'extraordinaire. Malheureusement, pour cette famille parfaite qui reflète la réussite à l'américaine, cet été-là va se transformer en cauchemar. La jeune Katie Mackey montera sur son vélo pour rapporter des livres à la bibliothèque, mais elle n'arrivera jamais à destination. Cet été-là raconte comment les habitants de la ville ont vécu cet événement tragique. En particulier, quatre personnes qui ont joué un rôle central dans ce drame terrible survenu dans une ville engluée dans la torpeur et la moiteur d'un été interminable: Henry Dees, le professeur de mathématiques qui donnait des cours particuliers à la jeune fille, un éternel célibataire qui vouait à Katie une admiration très ambigüe; Gilley, le frère aîné de Katie qui se sent responsable de sa disparition; Raymond R. le principal suspect dans la disparition de la jeune fille, un loser drogué et psychologiquement instable, incapable de garder longtemps un job; Et Clare, sa femme, qui préfère occulter le côté obscur de son mari, car trop contente que celui-ci l'ait épousée et l'ait empêchée de rester veuve jusqu'à la fin de ses jours. Des portraits de vies dressés avec réalisme, humilité et empathie. 

Cet été-là séduit vraiment par son originalité. Originalité dans la construction du récit, véritable polyphonie narrative. Ce roman est donc habité par plusieurs énonciateurs entre lesquels l'auteur distille les indices, les pistes qui permettent petit à petit de reconstituer toute l'histoire, et de dévoiler la vérité sur la disparition de Katie MacKey. Tout est donc subtilement et efficacement contrôlé de la part de Lee Martin qui dose savamment le suspense et tient ainsi en haleine ses lecteurs jusqu'au bout. Ensuite, originalité dans l'approche psychologique d'un drame qui vient secouer une petite ville perdue au fin fond de l'Amérique, où tous les habitants se connaissent. Je trouve que les réactions, les comportements des personnages sont crédibles, proches de la réalité. Bien sûr, l'auteur va encore plus loin dans son analyse psychologique des quatre personnages principaux de l'histoire. Car Cet été-là est avant tout une plongée très subtile et très complexe dans les méandres tortueux de la psychologie humaine. Les blessures de l'enfance et leur incidence sur la vie, le vécu familial, l'environnement, le lieu, l'époque, la part de lumière, mais aussi la part d'ombre qui va influencer certaines décisions,  scellant à jamais le destin de personnes innocentes. Une réalité parfois dérangeante, voire même malsaine, que l'auteur embrasse avec une grande justesse du regard, avec une acuité psychologique, avec une profondeur d'esprit qui lui permettent de ne jamais tomber dans une vision trop simpliste, ou manichéenne des évènements. Il s'agit, comme le souligne l'auteur en fin de roman, de "prendre en considération les vies imparfaites des gens, si répugnantes et magnifiques qu'elles puissent être, dans une petite ville imaginaire de l'Indiana".

Enfin, l'intérêt de ce thriller psychologique réside dans son atmosphère, dans sa restitution de toute une époque et de toute une région méconnue des Etats-Unis. Avec son style descriptif, détaillé, envoûtant, à la fois très précis sur la forme et sur le fond, l'auteur nous raconte le quotidien d'une ville de l'Indiana durant l'été, dans les années 70, alors que les américains continuent de compter leurs morts au Vietnam. Il y a aussi de très belles descriptions de la faune et de la flore, et non, L'Indiana, ce ne sont pas uniquement d'immenses champs de maïs à perte de vue. Lee Martin décrit son Midwest avec une grande fierté mais aussi avec une belle sensibilité. Au final, un mélange réussi de roman noir et de suspense psychologique que je vous recommande vivement.

Dans le même genre sur ce blog:
Qui je suis, Mindy Mejia
Seules les bêtes, Colin Niel
Ecorces de sang, Tana French
Les neuf cercles, R.J. Ellory
L'enfant perdu, John Hart

MEILLEURS POLARS DE CES DERNIÈRES ANNÉES DE 41 À 60

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JOHN HART  Redemption road

Auteur américain
Première parution France: 2017
Genre principal: Roman noir
Mots clés: De nos jours en Caroline du Nord, serial killer, atmosphère viciée
Ce que j'ai aimé: L'intrigue pure et dure. Les deux personnages principaux. La tension omniprésente.


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WOJCIECH CHMIELARZ  Pyromane

Auteur polonais
Première parution France: 2017
Genre principal: Whodunit
Mots clés: Varsovie de nos jours, enquête criminelle, critique sociale
Ce que j'ai aimé: Le personnage de l'inspecteur Mortka. L'intrigue captivante. Le style d'écriture percutant et musclé de l'auteur.


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A.J. FINN  La femme à la fenêtre

Auteur américain
Première parution France: 2018
Genre principal: Suspense
Mots clés: Banlieue résidentielle américaine, femme seule, voyeurisme, thriller psychologique
Ce que j'ai aimé: Du suspense et des rebondissements. Des chapitres courts qui ne laissent aucun répit au lecteur. Le final haletant.


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MINDY MEJIA  Qui je suis

Auteure américaine
Première parution France: 2018
Genre principal: Whodunit
Mots clés: Amérique profonde, meurtre,  tragédie shakespearienne
Ce que j'ai aimé: Le style d'écriture tranchant et audacieux de l'auteure. L'intrigue subtile et haletante. L'ultime rebondissement. 


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DEON MEYER  L'année du lion

Auteur sud-africain
Première parution France: 2017
Genre principal: Décalé
Mots clés: Afrique du Sud Post-apocalyptique, nouvelle colonie humaine, barbarisme
Ce que j'ai aimé: L'atmosphère du livre. Le fort contenu émotionnel du récit. L'intrigue palpitante. Les personnages.

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ROSA MOGLIASSO  Si belle mais si morte

Auteure italienne
Première parution France: 2017
Genre principal: Décalé
Mots clés: De nos jours, Italie, satire sociale
Ce que j'ai aimé: L'humour féroce, cynique. Un certain regard sur la société italienne. 


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PASCAL MARTIN  La reine noire

Auteur français
Première parution France: 2018
Genre principal: Roman noir
Mots clés: Lorraine de nos jours, ville sinistrée, vengeance
Ce que j'aimé: L'intrigue musclée et taillée au couteau. L'atmosphère glauque. Des personnages forts. 


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LUCA D'ANDREA  L'essence du mal

Auteur italien
Première parution France: 2017
Genre principal: Sanglant
Mots clés: Tyrol italien, cold case
Ce que j'ai aimé: Le style d'écriture très direct de l'auteur. Le personnage principal. L'intrigue complexe. 


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MARTIN MALHARRO  Viande sèche

Auteur argentin
Première parution France: 2016
Genre principal: Roman noir
Mots clés: Buenos Aires, enquête
Ce que j'ai aimé: Le portrait contrasté de Buenos Aires. L'atmosphère noire du roman. Le personnage principal. Le style d'écriture économe de l'auteur.


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FRÉDÉRIC VIGUIER  Aveu de faiblesses

Auteur français
Première parution France: 2017
Genre principal: Roman noir
Mots clés: Début années 2000, bourgade du Nord, meurtre
Ce que j'ai aimé: Ce mélange réussi de chronique sociale et de polar très noir. L'ultime rebondissement.


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KAREN CLEVELAND  Toute la vérité

Auteure américaine
Première parution France: 2018
Genre principal: Thriller politique
Mots clés: Washington de nos jours, espionnage, vie de famille
Ce que j'ai aimé: Ce mélange totalement réussi de domestic thriller et de roman d'espionnage. Le style d'écriture simple et limpide. L'ultime rebondissement.


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NICOLAS FEUZ  Horrora Borealis

Auteur suisse 
Première parution France: 2018
Genre principal: Sanglant
Mots clés: Lac de Neuchâtel, Laponie finlandaise, prise d'otage
Ce que j'ai aimé: La construction impeccable du récit. Le portrait saisissant de la Laponie, cette région du bout du monde. Le style limpide et incisif. 


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DOV ALFON  Unité 8200

Auteur israélien
Première parution France: 2019
Genre principal: Thriller politique
Mots clés: Espionnage, course-poursuite, Paris, Tel-Aviv
Ce que j'ai aimé: La construction et le rythme du récit dignes des meilleurs épisodes de 24 heures chrono. Les personnages. La qualité de l'intrigue. 

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MARTIN HOLMÉN  Corps-à-corps (METROPOL I) 

Auteur suédois
Première parution France: 2016 
Genre principal: Historique
Mots clés: Stockolm années 30, roman noir, enquête
Ce que j'ai aimé: La reconstitution de toute une époque avec beaucoup de précisions. La puissance de l'intrigue. La complexité du personnage principal. 

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B.A. PARIS  Derrière les portes

Auteur anglais
Première parution France: 2017
Genre principal: Suspense
Mots clés: Perversion, séquestration
Ce que j'ai aimé: L'intrigue tendue à l'extrême. La construction impeccable du récit. Les personnages de Grace et Millie. 


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TOD GOLDBERG  Gangsterland

Auteur américain
Première parution France: 2016
Genre principal: Roman noir
Mots clés: Tueur à gages, rabbin, mafia, Chicago, Las Vegas
Ce que j'ai aimé: Une histoire à la fois comique, sombre et violente. Les personnages. Le style d'écriture direct de l'auteur, sa façon de raconter l'histoire.

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SOLÈNE BAKOWSKI  Un sac

Auteure française
Première parution France: 2017
Genre principal: Roman noir
Mots clés: Paris de nos jours, destin tragique, odyssée déviante
Ce que j'ai aimé: La façon de raconter l'histoire, les mots de l'auteure. Le portrait saisissant de la capitale française. L'atmosphère particulière de ce récit très noir.


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MICHAEL CONNELLY  Mariachi Plaza

Auteur américain
Première parution France: 2016
Genre principal: Whodunit
Mots clés: Cold cases, inspecteur Bosch
Ce que j'ai aimé: La maîtrise et la rigueur de l'intrigue. L'évolution psychologique de l'inspecteur Bosch. 


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JÉRÔME LEROY  La Petite Gauloise

Auteur français
Première parution France: 2018
Genre principal: Décalé
Mots clés: Société française, terrorisme, humour féroce
Ce que j'ai aimé: Le côté subversif de ce court récit échevelé. L'humour cru, noir, corrosif. L'atmosphère qui règne dans ce roman décapant.


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MARION BRUNET  L'été circulaire

Auteure française
Première parution France: 2018
Genre principal: Roman noir
Mots clés: De nos jours, petite ville du Midi, crise familiale, racisme
Ce que j'ai aimé: Le style de l'auteur qui allie précision, violence, lyrisme et acuité de l'observation psychologique et sociale. La tension qui émane de ce récit à fleur de peau. 


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mardi 16 juillet 2019

L'ÉTÉ CIRCULAIRE

MARION BRUNET

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Auteure française
Le Livre de Poche
264 pages
Sélection Guide polar de Pietro
Première publication France:
2018
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Un roman très noir qui prend à la gorge tant il semble vrai.


L'été circulaire appartient à ces romans qui privilégient les atmosphères réalistes et la dureté des rapports humains et qui, ce faisant, se distinguent des purs romans criminels. Pas d'enquête dans ce roman, pas de coupable à démasquer, et les personnages principaux ne sont ni des policiers ni des détectives privés. L'été circulaire raconte l'histoire d'une famille ordinaire dans le Sud Est de la France. Il y a tout d'abord le père, Manuel, un maçon d'origine espagnole qui sombre de plus en plus dans un alcoolisme violent. Ensuite, il y a la mère, Séverine, une trentenaire qui n'a jamais quitté sa bourgade natale, et qui traîne une aigreur de plus en plus destructrice. Puis vient Céline, la fille aînée, seize ans, enceinte, et qui refuse de dévoiler l'identité du père. Et enfin, Jo, la cadette, quinze ans, seule rescapée du naufrage familial, qui rêve de théâtre et d'ailleurs. Mais ce n'est jamais facile de s'échapper du carcan familial. Et la pièce qui se joue ici n'est pas une comédie, mais bien une tragédie qui sent la poudre et l'atmosphère viciée d'une ville-dortoir du Midi.

Marion Brunet s'inscrit dans le souci d'une narration réaliste et dévoile les coulisses peu reluisantes d'une famille et d'une ville mortifères. Un roman très noir sur fond de racisme ordinaire et de mal être adolescent qui prend à la gorge tant il semble vrai et qui révèle une écrivaine de tout premier ordre. Avec son style à la fois cru et élégant, et précis tant sur la forme que sur le fond, Marion Brunet nous embarque dans une histoire poignante, et tristement crédible. Son style allie précision, violence, lyrisme et acuité de l'observation psychologique et sociale. Et on sent, on sait qu'un évènement grave va avoir lieu. La tension est palpable dans ce roman à fleur de peau. Le récit est très bien construit, tout a un sens dans ce livre, et il n'y a pas de gras, de superflu, de fioritures. Au final, un roman noir réussi qui aborde des thèmes sensibles, et qui a reçu le Grand prix de littérature policière 2018.

Dans le même genre sur ce blog:
Aveu de faiblesses, Frédéric Viguier
Retour à la nuit, Éric Maneval
Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, Celeste Ng