samedi 13 octobre 2018

EMMA DANS LA NUIT

WENDY WALKER

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Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Karine Lalechère
Editions Sonatine
Grand format
312 pages
Première publication:
2017 (Etats-Unis)
2018 (France)
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Un deuxième roman globalement réussi.


Le plus dur pour un auteur, c'est de confirmer. Et la difficulté est souvent proportionnelle au succès du premier roman. Tout n'est pas perdu, un thriller bluffant sur les mécanismes de la mémoire et du syndrome post-traumatique a rencontré un très grand succès. Un bestseller dans le monde entier qui sera prochainement adapté au cinéma. Wendy Walker était donc attendue au tournant lors de la parution de son deuxième thriller psychologique Emma dans la nuit. Pari gagné ou perdu ? Pour moi, c'est pari gagné, même si j'ai préféré Tout n'est pas perdu. Mais on retrouve dans Emma dans la nuit tout ce qui fait la force de cette écrivaine américaine: un style d'écriture limpide et tranchant, au service d'un récit remarquablement construit et centré sur la psychologie des personnages. 

Implacable suspense, Emma dans la nuit raconte en gros l'histoire d'une famille psychologiquement perturbée. Au travers d'une intrigue riche en suspense et en rebondissements, l'auteure analyse la violence de la dynamique familiale, le mal être adolescent, et le trouble de la personnalité narcissique. Une nouvelle fois, Wendy Walker nous entraîne dans les méandres tortueux de la psyché humaine avec une finesse et une intelligence hors du commun. Et la construction du récit permet à l'auteur de tisser une toile diabolique, de distiller un suspense d'une rare efficacité, et de dévoiler petit à petit une vérité inattendue et insoutenable. 

Je vous résume l'intrigue: Emma et Cass Tanner, deux adolescentes âgées respectivement de 17 et 15 ans, qui vivent sous la coupe de leur mère psychotique Judy, disparaissent le même jour. Trois ans plus tard, seule Cass revient à la maison. Et raconte à la psychologue Abigail Winter son incroyable histoire. Mais Abigail, qui a également été victime d'un mère narcissique, s'intéresse de très près à Judy Tanner. Il y a des fruits pourris dans toute la famille. Cass et Abigail, deux voix pour une même histoire, deux récits qui alternent de chapitre en chapitre, deux points de vue différents, deux perceptions de la réalité; Cassandra Tanner qui, de l'intérieur, dépeint une famille dysfonctionnelle dirigée par une mère pratiquant le chantage affectif. Et Abigail qui donne son point de vue extérieur sur cette famille et apporte un regard lucide et expérimenté permettant de déceler la vérité effroyable. Au final, Emma dans la nuit est un excellent suspense psychologique, très bien écrit, et qui confirme tout le talent de Wendy Walker pour raconter des histoires sombres et fortes.  

Du même auteur sur ce blog:

Dans le même genre sur ce blog:
Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, Celeste Ng
La fille de Narcisse, Craig Holden
Les filles des autres, Amy Gentry
Fleur de cimetière, David Bell
Punis-moi avec des baisers, William Bayer

dimanche 7 octobre 2018

REDEMPTION ROAD

JOHN HART

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Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laurence Kiefé
Editions JC Lattès
Grand format 510 pages
Sélection Guide polar de Pietro
Première publication:
2016 (Etats-Unis)
2017 (France)
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Un roman noir comme le cauchemar.


Redemption road, la route de la rédemption, chaotique, tortueuse, dangereuse, maléfique. Vous qui empruntez cette route, laissez toute espérance, et attendez-vous à entendre un chant funèbre sur un monde de démence et de sang. Un monde ou plus précisément une ville située en Caroline de Nord, une cité de la peur débordante de tension et de violence, et remplie de secrets et de trahisons. Mais peut-être existe t'il un espoir en de meilleurs lendemains pour les deux personnages principaux du nouveau thriller de l'américain John Hart, qui dévoile les coulisses mortifères d'une ville frappée de plein fouet par la crise économique.

Redemption road est donc un mélange de thriller psychologique et de roman noir, mettant en scène deux personnages hors normes embarqués dans une histoire pure et dure. Adrian Wall qui sort tout juste de prison après avoir purgé une lourde peine pour un crime qu'il n'a peut-être pas commis. Un quadragénaire brisé au corps recouvert de cicatrices, qui a été torturé par le terrifiant directeur de la prison et ses sbires. Des pourritures de la pire espèce qui vont continuer à le traquer, bien décidés à le faire parler. Car Adrian serait détenteur d'un secret qui vaut de l'or. Et Elizabeth Black, une femme solitaire et torturée qui vient d'être démise de ses fonctions de flic pour avoir tué deux homme. Liz et Adrian, deux écorchés vifs embarqués dans un engrenage infernal, qui semblent diaboliquement liés à un redoutable tueur en série de femmes. Il y a des fruits pourris dans toute la ville !

John Hart écrit peu mais écrit bien, j'adore son style sauvage, spectaculaire, dense, son sens du détail, son art des dialogues incisifs, et sa capacité à créer des atmosphères angoissantes et suffocantes. Son dernier roman Redemption road démontre une nouvelle fois le talent de John Hart pour échafauder des scénarios très élaborés, diablement efficaces, et camper des personnages forts. Ce roman vous prend à la gorge dès les premières pages, et vous procure des émotions pures et dures. Le récit est âpre, éprouvant, et surtout noir comme le cauchemar, il s'en dégage une tension hors du commun, jusqu'au dénouement "corral". John Hart est une valeur sûre du thriller noir américain, il est quand même l'un des rares auteurs à avoir remporté deux fois l'Edgar Award, qui est l'équivalent américain de notre grand prix de littérature policière. 

Du même auteur sur ce blog:
L'enfant perdu ; La maison de fer

Dans le même genre sur ce blog:
Les neuf cercles, R.J. Ellory
Les quatre coins de la nuit, Craig Holden
Quand la neige danse, Sonja Delzongle

mercredi 3 octobre 2018

LA FEMME À LA FENÊTRE

A.J. FINN

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Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle Maillet
Editions Presses de la cité
Grand format 528 pages
Sélection Guide polar de Pietro
Première publication:
2017 (Etats-Unis)
2018 (France)
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LE thriller psychologique de l'année 2018.


La femme à la fenêtre est une desperate housewife qui vit dans une grande maison au bord d'une rue résidentielle américaine qui pourrait sans problème s'appeler Wisteria Lane. Oui Anna Fox a tout d'une femme au foyer désespérée, elle est dépressive, alcoolique et agoraphobe, rien que ça. Une trentenaire qui reste donc toute la journée enfermée dans sa grande demeure, et qui passe son temps à boire du vin, à prendre des anti-dépresseurs, à regarder des vieux films policiers en noir et blanc, et à jouer aux échecs et dialoguer avec des amis virtuels. Et surtout Anna Fox espionne ses voisins. Un soir, elle est témoin d'un crime. Problème de taille: personne ne la croit. Il faut dire que mélanger alcool et cachetons peut provoquer des hallucinations. Pourtant, Anna n'a pas toujours été désespérée, elle avait même une vie avant, un métier - psychologue - et une famille - un mari et une petite fille. Alors Anna est-elle vraiment folle ? Vous le saurez en dévorant ce fulgurant thriller, LE suspense psychologique de cette année 2018.

Avec ce premier roman riche en suspense et en rebondissements, l'américain A.J. Finn frappe fort, très fort. Ce jeune auteur place la barre très haut, et nous emmène loin, très loin dans les méandres tortueux de la psyché de son personnage principal Anna Fox. Vous avez aimé La fille du train de Paula Hawkins, La fille d'avant de JP Delaney, ou Avant d'aller dormir de S.J. Watson, vous adorerez La femme à la fenêtre. Un hommage à ces grands thrillers américains du siècle dernier Blow out, Body Double et Fenêtre sur cour. Oui, on peut le dire, A.J. Finn signe un véritable suspense "hitchcockien" au final haletant. Sur la forme, c'est un sans-faute: un style d'écriture simple et limpide, alerte et percutant, au service d'un récit fluide composé de chapitres courts qui ne laissent aucun répit au lecteur. La femme à la fenêtre appartient à ce genre de livre qui se déguste d'une traite. Un furieux page turner impossible à poser avant la toute dernière page. Du grand spectacle, j'ai adoré.

Dans le même genre sur ce blog:
La fille du train, Paula Hawkins
La fille d'avant, JP Delaney
La maison d'à côté, Lisa Gardner
Avant d'aller dormir, S.J. Watson



jeudi 27 septembre 2018

L'HOMME AUX LÈVRES DE SAPHIR

HERVÉ  LE CORRE

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Auteur français
Editions Rivages
Poche 503 pages
Sélection Guide polar de Pietro
Première publication France:
2004
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Un roman noir historique très original.


"Paris, la nuit, la terreur dans les ténèbres, et pourtant l'espoir en des lendemains qui chantent." C'est ce que m'a dédicacé Hervé le Corre lors du festival Quais du polar de Lyon en 2017. Une courte phrase qui résume parfaitement son livre L'homme aux lèvres de saphir, grand classique du roman noir historique français. La façon très originale de raconter l'histoire, la restitution âpre et saisissante de toute une époque, l'art du détail, et la crudité des scènes de combat et de meurtres font de ce roman un incontournable du genre.

Paris, la nuit, la terreur dans les ténèbres: effectivement, en 1870, il ne vaut mieux pas se promener sans défense dans les rues grouillantes de misère et remplies de violence de la capitale française. De véritables coupe-gorges. Et pour ajouter de l'horreur à l'horreur, des meurtres sanglants se multiplient aux quatre coins de la ville, commis par un tueur d'un genre nouveau. Paris aussi a son Jack l'éventreur, qui tue pour rendre hommage à celui qu'il considère comme le plus grand écrivain du siècle, le Comte de Lautréamont Isidore Ducasse. Mais le serial killer a un adversaire de taille en la personne de Francois Letamendia, inspecteur lui aussi d'un genre nouveau, un enquêteur tenace, plutôt intègre (vachement rare en 1870 !), et très intéressé par les nouvelles méthodes d'investigation issues du progrès scientifique, ce qui n'est malheureusement pas du goût de la plupart de ses supérieurs corrompus et dévoués au régime de l'empereur Napoléon. Un régime de plus en plus totalitaire qui réprime dans le sang la contestation. Mais la colère gronde dans les rues de la capitale qui crie famine et injustice.

Et pourtant l'espoir en des lendemains qui chantent: Hervé le Corre revisite l'histoire de France en s'inscrivant dans le souci d'une narration très réaliste. L'auteur nous raconte la vraie histoire dans toute sa complexité, sa violence et sa noirceur. L'homme aux lèvres de saphir est non seulement un implacable roman policier, mais également une passionnante chronique historique. Une reconstitution bluffante de toute une époque agitée, mouvementée, et surtout terrible. Dans une oeuvre dense et intense où les destins s'enchevêtrent, l'auteur mélange serial killer thriller, roman noir social, et histoire et nous offre un roman totalement abouti. Il y a de la densité, du caractère, de la profondeur dans cette histoire sombre et sanglante mettant en scène des personnages plus vrais que nature. Le tout écrit dans un style très original, à la fois cru et raffiné, rustique et lyrique. Le style dense, détaillé, confirmé d'un grand écrivain possédant de solides connaissances en histoire. L'auteur arrive à nous faire ressentir les changements historiques majeurs qui sont sur le point de s'opérer en 1870, en mettant particulièrement l'accent sur l'évolution psychologique de certains personnages du livre. Notamment Etienne et Garance, ce jeune couple issu des classes les plus pauvres, représentatif de toute une génération qui ne veut plus se soumettre et qui aspire à de meilleures conditions de vie.

Au final, ce livre est un incontournable du roman noir historique, un polar culte au dénouement inoubliable. Voici un extrait qui reflète pour moi l'essence même de ce roman incandescent: "Parce que l'espoir qu'il portait aux tripes, et que nous partageons tous, lui permettait de ne point se laisser accabler par le sort qu'on nous fait, à nous autres ouvriers. Fernand, il avait le rire au coeur, parce qu'il savait qu'un jour ça rigolera pour nous aussi, parce que c'est pas possible que ça dure encore longtemps, toute cette souffrance du peuple." Et quelques mois plus tard, ce sera la fin du second empire et le début de la Commune de Paris...

Dans le même genre sur ce blog:
L'aliéniste, Caleb Carr
Mystère rue des Saints-Pères, Claude Izner
Dans la vallée de l'ombre de la mort, Kirk Mitchell




dimanche 16 septembre 2018

UN BON ÉCRIVAIN EST UN ÉCRIVAIN MORT

GUILLAUME CHÉREL

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Auteur français
Editions J'ai lu
Poche 256 pages
Sélection Guide polar de Pietro
Première publication France:
2016
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Une critique féroce de la littérature française d'aujourd'hui.


"Augustin Traquenard n'hésita pas un instant. Il accepta d'emblée la proposition de venir animer une rencontre littéraire, durant un week-end, au monastère de Saorge. Elle était arrivée par courrier, adressé par un mystérieux inconnu." "Et à lieu exceptionnel, hôtes exceptionnels. Le courrier précisait qu'autour de cette table ronde censée déclarer officiellement ouverte la cérémonie de la sacro-sainte rentrée littéraire étaient conviés dix grands écrivains à succès, triés sur le volet, figurant tous dans la liste des meilleures ventes de l'année: Frédéric Belvédère, Michel Ouzbek, Amélie Latombe, Delphine Végane, David Mikonos, Kathy Podcol, Tatiana de Roseray, Christine Légo, Jean de Moisson et Yann Moite. Que du lourd, donc. Du très vu-à-la-télé." "En effet, Marc Lévide et Guillaume Muzo, pourtant sur la première marche au classement des best-sellers, avaient été oubliés, voire superbement ignorés." 

Dix écrivains célèbres qui se retrouvent enfermés dans un monastère niché au coeur des alpes maritimes, afin de participer à une conférence littéraire animée par un certain Augustin Traquenard. Il y a quand même des signes qui ne trompent pas, qu'en pensez-vous ? Pas besoin d'être Madame Irma pour prédire la suite des évènements. Il y a du traquenard dans l'air, et pas qu'un peu. Le Dix petits nègres d'Agatha Christie revisité à la sauce Guillaume Chérel. Un pastiche de polar déjanté, ironique, cynique, sarcastique. Un roman à l'humour souvent féroce, truffé de références et de clins d'oeil. 

L'irrévérencieux Guillaume Chérel signe un pamphlet comique contre le milieu littéraire parisien, en dressant des portraits au vitriols des ses plus illustres représentants. Assurément remonté contre les Frédéric Beigbeder, Michel Houellebecq, Yann Moix, Amélie Nothomb, Tatiana de Rosnay, Christine Angot, pour ne citer qu'eux, l'auteur ne mégote franchement pas sur la charge qu'il leur assène. Tout le monde en prend  pour son grade. Pourtant, à la fin du livre, l'auteur écrit: "Qui aime bien charrie bien... J'en ai côtoyé certains de près et qu'ils soient assurés - si d'aucun(e) en prenait ombrage - que c'est bien une sorte d'hommage." Mouais, un hommage quand même bien tordu, bien retors. J'espère que les écrivains concernés ont un solide sens de l'humour, sinon il ne vaut mieux pas qu'ils se lancent dans la lecture de ce livre incisif et implacable. Même s'il est vrai que l'auteur fait parfois preuve d'une certaine tendresse à l'égard de ses personnages qui n'en sont pas. Parfois ! 

De manière plus générale, Un bon écrivain est un écrivain mort est un brûlot sur ce que la littérature représente pour l'auteur: un acte de résistance, un moyen d'agiter les consciences, de développer l'esprit critique, et la curiosité intellectuelle. Et pour Guillaume Chérel, la littérature française contemporaine est totalement à l'opposé de cette représentation. C'est désormais un business comme un autre, très médiatisé. Un bon écrivain est un écrivain qui sait se vendre, s'afficher, faire du buzz à la télé et sur les nouveaux réseaux sociaux. Avec une bonne dose de marketing. Un écrivain prolifique qui saura sortir un livre par an. Une production en général facile à lire, sans prise de tête pour les lecteurs qui ont besoin de s'évader. Enfin, non, excusez-moi, un bon écrivain... est un écrivain mort !

Dans le même genre sur ce blog:
Presse-people, Carl Hiaasen
Delicious, Mark Haskell Smith



MEILLEURS POLARS DE CES DERNIÈRES ANNÉES DE 21 À 40

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WESSEL EBERSOHN  La nuit est leur royaume 

Auteur sud-africain
Première parution France: 2016
Genre principal: Thriller politique
Mots clés: Zimbabwe, enquête, dictature
Ce que j'ai aimé: Le constat lucide dressé par l'auteur sur la situation du Zimbabwe. L'intrigue haletante. Les personnages. 


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ARNALDUR INDRIDASON  Dans l'ombre (trilogie des ombres T.1)

Auteur islandais
Première parution France: 2017
Genre principal: Historique
Mots clés: Seconde guerre mondiale, Islande, enquête criminelle
Ce que j'ai aimé: L'écriture limpide de l'auteur. Les dialogues enlevés. La reconstitution de toute une époque. 


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AGUSTIN MARTINEZ  Monteperdido

Auteur espagnol
Première parution france: 2017
Genre principal: Roman noir
Mots clés: Village de montagne isolé, disparitions, enquête
Ce que j'ai aimé: Le décor vertigineux. L'intrigue âpre et pleine de rebondissements. Les personnages fouillés. L'atmosphère de huis clos.


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ANDRÉE A. MICHAUD  Bondrée

Auteure canadienne
Première parution France: 2016
Genre principal: Whodunit
Mots clés: Années 60, lac canadien, meurtres d'adolescentes
Ce que j'ai aimé: L'atmosphère éthérée et envoûtante. L'intrigue subtile. Les personnages fouillés.

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SARA LÖVESTAM  Chacun sa vérité

Auteure suédoise
Première parution France: 2016
Genre principal: Whodunit
Mots clés: Stockholm, détective sans-papiers, disparition
Ce que j'ai aimé: L'atmosphère particulière qui se dégage de ce roman. L'intrigue subtile et crédible. Les deux personnages principaux. 


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CÉDRIC BANNEL  Kaboul Express 

Auteur français
Première parution France: 2017
Genre principal: Thriller politique
Mots clés: Daech, Afghanistan, enfant surdoué
Ce que j'ai aimé: Une radiographie atypique de l'Afghanistan. La description hallucinante du fonctionnement de Daech.


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FABIO M. MITCHELLI  Une forêt obscure

Auteur français
Première parution France: 2016
Genre principal: Sanglant
Mots clés: Alaska, serial killer, enquête 
Ce que j'ai aimé: L'intrigue complexe et palpitante. Le personnage de Louise Beaulieu. Le style d'écriture musclé.


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TONY PARSONS  Le club des pendus

Auteur anglais
Première parution France: 2017
Genre principal: Whodunit
Mots clés: Londres, de nos jours, meurtres par pendaison
Ce que j'ai aimé: Le côté controversé de ce récit, mélange de polar d'enquête et de roman noir de critique sociale. Le style concis de l'auteur. 


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ASA LARSSON  En sacrifice à Moloch

Auteure suédoise
Première parution France: 2017
Genre principal: Sanglant
Mots clés: Laponie Suédoise, de nos jours et au début du XXème siècle, enquête 
Ce que j'ai aimé: L'intrigue taillée au couteau. Le décor saisissant. Les personnages, tellement vrais qu'on a l'impression qu'ils vont sortir du livre à tout moment. L'écriture limpide et charpentée.

 
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NICOLAS JAILLET  La Maison

Auteur français
Première parution France: 2016 
Genre principal: Roman noir
Mots clés: Violence conjugale, fuite
Ce que j'ai aimé: La justesse et la sobriété du récit. Le réalisme des personnages. Le fait que Martine, la femme battue, ait encore envie d'aimer. 


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FRANCK THILLIEZ  Le manuscrit inachevé

Auteur français
Première parution France: 2018
Genre principal: Suspense
Mots clés: Mémoire, serial killers, sadomasochisme
Ce que j'ai aimé: L'intrigue tordue et labyrinthique. Les personnages du flic hypermnésique et de l'écrivaine de polars. 

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JAKE HINKSON  Sans lendemain

Auteur américain
Première parution france: 2018
Genre principal: Roman noir
Mots clés: Amérique profonde des années 50, portraits de femmes
Ce que j'ai aimé: Le style incisif de l'auteur. L'intelligence et la noirceur du récit. L'atmosphère très "Amérique profonde".


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VALERIO VARESI  La pension de la Via Saffi

Auteur italien
Première parution France: 2017 
Genre principal: Whodunit
Mots clés: Parme, brouillard, flic solitaire 
Ce que j'ai aimé: L'intrigue complexe et subtile. Les personnages fouillés. L'atmosphère éthérée, sombre qui règne autour de cette histoire. 


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CLARE MACKINTOSH  Te laisser partir

Auteure anglaise
Première parution France: 2016
Genre principal: Suspense
Mots clés: Délit de fuite, violence conjugale, enquête
Ce que j'ai aimé: La puissance de l'intrigue. La force des personnages principaux. Le suspense savamment dosé.

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TONY CAVANAUGH  L'Affaire Isobel Vine

Auteur australien
Première parution France: 2017
Genre principal: Whodunit
Mots clés: Melbourne, cold case, flic solitaire
Ce que j'ai aimé: Le personnage principal, sorte d'inspecteur Harry version australienne. L'intrigue pleine de rebondissements. 


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PATRICK MICHAEL FINN  Ceci est mon corps

Auteur américain
Première parution France: 2018
Genre principal: Roman noir
Mots clés: Midwest, petite ville ouvrière, misère sociale, dépravation
Ce que j'ai aimé: L'atmosphère sombre et la noirceur qui se dégagent de ce fulgurant récit. Le style cru de l'auteur. 

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GUILLAUME CHÉREL  Un bon écrivain est un écrivain mort

Auteur français
Première parution France: 2016
Genre principal: Décalé
Mots clés: Satire, huis clos, littérature française
Ce que j'ai aimé: Le côté déjanté du récit. Les portraits au vitriol des auteurs français contemporains. L'humour féroce.


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EMMANUEL GRAND  Kisanga

Auteur français
Première parution France: 2018
Genre principal: Thriller politique
Mots clés: Afrique centrale, multinationales minières, aventure
Ce que j'ai aimé: La crédibilité et la force de l'intrigue. Le style d'écriture limpide de l'auteur. La description de l'Afrique. 


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ANTONIN VARENNE  Cat 215

Auteur français
Première parution France: 2016
Genre principal: Roman noir
Mots clés: Jungle guyanaise, huis clos
Ce que j'ai aimé: L'intensité que dégage ce court récit. L'atmosphère sombre et suffocante. La fin.



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LOUISE MEY  Embruns

Auteure française
Première parution France: 2017
Genre principal: Suspense
Mots clés: Famille parisienne, petite île bretonne, huis clos
Ce que j'ai aimé: Des chapitres courts qui ne laissent aucun répit. L'atmosphère suffocante. Le rebondissement final totalement bluffant. 


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vendredi 7 septembre 2018

QUE LA BÊTE S'ÉVEILLE

JONATHAN ET JESSE KELLERMAN

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Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Julie Sibony
Editions Points
Poche 672 pages
Sélection Guide polar de Pietro
Première publication:
2014 (Etats-Unis)
2015 (France)
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Je partage entièrement l'enthousiasme de Stephen King.


Les Kellerman sont une vraie famille d'écrivains de romans policiers. Il y a le père Jonathan, auteur prolifique de plus d'une trentaine de romans dont la plupart mettent en scène le duo mythique Alex Delaware/Milo Sturgis. Il y a ensuite la mère Faye, également auteure d'une trentaine de polars dont la plupart mettent en scène le duo Peter Decker/Rina Lazarus. Et puis il y a le fiston Jesse auteur du célèbre thriller Les Visages. Mon préféré de ce jeune auteur étant Bestseller, un très bon pastiche de roman d'espionnage. Bref, chez les Kellerman, on pense polar, on vit polar. Pas étonnant donc si le père et le fils ont décidé d'unir leurs talents pour écrire Que la bête s'éveille, une histoire stupéfiante mettant en scène des personnages hors normes. 

Enquête policière, mythologie juive, et quête identitaire forment la trame d'une intrigue riche en rebondissements. Et il flotte autour de cette histoire une aura sombre, surnaturelle, un parfum de fantastique, de mystère. Une atmosphère décalée, originale. Que la bête s'éveille (Le Golem d'Hollywood dans sa version grand format chez Seuil) réunit tous les ingrédients du thriller qu'on a envie de lire jusqu'au bout. Les amateurs de romans policiers seront comblés par cette enquête sur des meurtres en série, qui nous emmène à Los Angeles, à Prague et à Oxford. Je vous résume en quelques mots l'intrigue: Jacob Lev, un flic à la dérive est chargé par une unité spéciale du Los Angeles Police Departement d'enquêter sur un meurtre: un corps sans tête retrouvé dans une maison abandonnée. Dans la cuisine, le mot JUSTICE a été gravé en hébreu. Or il se trouve que Jacob est juif. Au fur et à mesure de ses découvertes, l'enquêteur réalise qu'il a ouvert une véritable boîte de Pandore. Et que sa propre famille est concernée. 

Que la bête s'éveille est donc un serial killer thriller haletant doublé d'un passionnant récit mythologique sur l'origine du Golem. Les amateurs de thrillers ésotériques au sens large du terme y trouveront donc également leur compte. Sur la forme, c'est plutôt bien fichu: le style d'écriture est globalement limpide, les dialogues enlevés, les explications claires. Et il y a de l'humour, beaucoup d'humour, ce qui atténue le côté dramatique de ce récit. qui flirte allègrement avec le fantastique. Bref, un très bon thriller à l'américaine, un livre à grand spectacle, encensé par le maître Stephen King, qui a été bluffé par l'univers créé par les deux auteurs. Je n'ai pas encore la suite, Que la bête s'échappe. Qui, je l'espère, lèvera le voile sur quelques questions restées sans réponse dans le premier volet . Mystère, mystère !

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Le Livre des morts, Glenn Cooper
L'évangile selon Satan, Patrick Graham