jeudi 3 septembre 2015

L'espion qui venait du froid, de John le Carré


Le monde de l'espionnage est cruel, impitoyable, laid, ce n'est pas James Bond qui vit des aventures exotiques, entouré des plus belles femmes de la planète. John Le Carré le sait bien en sa qualité d'ancien membre du Foreign Office. D'ailleurs, il n'a jamais voulu parler de cette période de son existence. 

L'espion qui venait du froid raconte l'histoire de Leamas, agent secret britannique. Dans les années 60 la guerre froide fait rage, le monde est divisé en deux, Berlin est divisée en deux. Le réseau d'agents et d'indics mis en place par Leamas dans cette ville sombre et crépusculaire est systématiquement démantelé par Mundt, l'impitoyable chef de l'espionnage est-allemand. 


Leamas, espion déchu, est rapatrié à Londres, et ne pense qu'à se venger de Mundt. Londres lui offre une chance de se racheter et l'intègre dans une machination destinée à éliminer Mundt. Mais la réalité sera bien différente !

Côté roman d'espionnage, si vous ne deviez en lire qu'un, c'est L'espion qui venait du froid, le chef d'oeuvre absolu en la matière. Un roman totalement maîtrisé, abouti, un récit court, sans gras, sans fioritures, qui va à l'essentiel. Une histoire d'amour et de haine, une machination diabolique, implacable. Force de l'intrigue, crédibilité des personnages, John Le Carré réussit à mélanger le romanesque avec la réalité de l'époque. Une époque trouble, un monde de méfiance et de trahison. Ce roman se dévore d'une traite, et la fin est bouleversante. Un classique incontournable.

John le Carré, L'espion qui venait du froid, Folio, 328 pages, traduit de l'anglais par Marcel Duhamel et Henri Robillot, sorti en 1963 (Royaume-Uni) 1964 (France)

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