jeudi 24 juillet 2014

Sans espoir de retour, de David Goodis


David Goodis a produit une oeuvre à l’image de sa triste et courte vie (il est mort d’alcoolisme en 1967 à 49 ans): noire, sombre, sans espoir. Ses courts récits ont pour cadre des endroits glauques, oubliés du rêve américain; Quant à ses personnages, ce sont souvent des hommes seuls et désoeuvrés. Enfin, ne cherchez pas de happy end, il n’y en a pas. David Goodis est un des grands représentants du roman noir qui privilégie la dureté des rapports humains à l’intrigue policière classique. Il est donc, avec Jim Thompson, un modèle pour toute une génération d’auteurs de romans noirs qui vont suivre dans les années 70 et 80.

Sans espoir de retour est une sombre histoire de malfrats et de poivrots dans un quartier appelé à juste titre “l’Enfer”. Inutile de s’attarder sur l’intrigue, ce sont les personnages, l’atmosphère, et l’écriture séche et nerveuse qui comptent, car David Goodis avait un certain talent pour raconter des histoires, si glauques soient-elles. Son oeuvre mérite donc toute sa place dans la littérature policière.

David Goodis, Sans espoir de retour, Folio, 256 pages, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Henri Robillot, sorti en 1954 (Etats-unis) 1956 (France)