mardi 19 mai 2015

L'idole des camés, de Richard Stratton


Le célèbre écrivain américain Norman Mailer a décrit L'idole des camés comme étant un livre excitant et authentique. Après avoir dévoré cette monumentale et grandiose fresque sur le monde de la drogue, je ne peux que partager son avis, et bien plus encore. Excitant, oui, car Richard Stratton a construit une intrigue passionnante, à partir de l'arrestation de Sonia, la reine de la drogue, l'idole des camés. Le FBI a serré cette jeune femme hors norme, fascinante, dans une maison supposée appartenir à une star du rock. Y sont également saisis deux kilos d'héroïne pure, deux cent cinquante grammes de cocaïne, trois cent quatre-vingt mille dollars en liquide, des échantillons de drogues diverses et un carnet d'adresses où se trouvent beaucoup de noms célèbres et de téléphones sur liste rouge. 

L'intrigue se met donc en place, puissante, le potentiel est énorme et sera très bien exploité par l'auteur. Qui nous offre le meilleur de ses romans, un polar devenu culte !

Authentique, oui complètement, l’auteur sait de quoi il parle, il a d’ailleurs écrit ce roman alors qu’il purgeait une peine de prison pour… trafic de drogue! Avec un art consommé du récit, Richard Stratton nous emmène loin, très loin dans l’univers de la drogue qui s’étend malheureusement à tous les milieux socio-économiques existants. Une histoire stupéfiante qui met en scène des personnages et des situations à la fois crédibles et romanesques. Attention le récit est fort bien documenté mais l’auteur raconte avant tout une histoire, une histoire d'amour et de haine, une histoire de gangster triste qui dévoile une réalité atroce. Et c'est très bien écrit, dans un style simple, alerte, sans fioritures. Bref, un grand roman sur la drogue.

Richard Stratton, L'idole des camés, Rivages, 624 pages, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Thierry Marignac, sorti en 1990 (Etats-Unis) 1996 (France)