mercredi 13 avril 2016

Le mythe d'Isaac Becker, de Reed Farrel Coleman


Reed Farrel Coleman produit un court récit historique fait pour être lu d'une traite. L'histoire est prenante dès la première page, partant d'un contexte historique universellement connu: la Shoah, mot hébreu signifiant catastrophe, qui désigne l'extermination systématique des Juifs perpétrée par le régime nazi durant la seconde guerre mondiale. Et avec comme thème principal un mythe inventé de toutes pièces par un homme guidé par le plus basique des instincts: la survie.  



Sur le fond, l'auteur raconte l'histoire de Jacob, un rescapé des camps de concentration. Une histoire faite d'horreurs, de mensonges, et de culpabilité. Car pour échapper à la chambre à gaz, Jacob a dû commettre des actes atroces, il a menti, il a trahi, nourrissant ainsi une culpabilité qui ne quittera plus jamais son âme brisée. 

Car, nous ne sommes pas dans un monde manichéen, avec d'un côté le bien et de l'autre le mal. C'est beaucoup trop facile. Chaque individu agit d'une certaine façon à un moment donné, en tenant compte des contraintes qui lui sont imposées, et des ressources qui lui sont allouées. Dans les camps de la mort, l'unique préoccupation de Jacob était de survivre jour après jour, par tous les moyens. Quitte à raconter un mensonge, qui prendra une ampleur telle que le cours de sa vie s'en trouvera totalement modifié. 

Sur la forme, en un peu moins de cent pages, cet auteur talentueux parvient à délivrer un récit fort, dense, impitoyable, et surtout très noir. Le style est sec, clinique, efficace. Pas de descriptions inutiles, juste l'histoire, les faits et les conséquences. Un récit poignant qu'on ne lâche pas! Ce court roman est suivi à la fin d'un entretien avec l'auteur, qui explique les fondements de cette histoire tragique. 

Reed Farrel Coleman, Le mythe d'Isaac Becker, Ombres noires, 96 pages, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Brévignon, sorti en 2015 en France.

Je vous conseille aussi:

Aucun commentaire: