vendredi 5 août 2016

LE JOURNAL DU PARRAIN

MICKEY SPILLANE, MAX ALLAN COLLINS

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Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Claire-Marie Clévy
Editions Ombres Noires
Grand format 128 pages
Première publication France:
2015
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Une enquête de Mike Hammer



Vous connaissez peut-être mieux la série télévisée diffusée dans les années 80, avec Stacy Keach dans le rôle du célèbre détective privé. Mais à la base, Mike Hammer est un personnage de livre, sorti tout droit de l'imagination de Feu Mickey Spillane. Sa première enquête remonte quand même à 1947. Il faut savoir que le personnage d'origine est loin d'être ... politiquement correct, comme on dit de nos jours. Détective privé new-yorkais, Mike Hammer est un homme violent, raciste, homophobe, anti-communiste, mysogyne et machiste. Rien que ça! Mike Hammer c'est donc la caricature du WASP américain, qui applique la loi du talion, avec comme devise: la fin justifie tous les moyens. Et la fin, c'est de résoudre ses enquêtes, gagner un max de pognon, et tirer tout ce qui bouge!

Un personnage controversé, mais vendeur. Dans l'interview que donne Max Allan Collins à la fin du livre, on apprend que Mickey Spillane est l'auteur qui a vendu le plus de polars dans les années 50 - 60, derrière la mythique Agatha Christie. Mais Mike Hammer va évoluer avec le temps, et s'assagir. Le Mike Hammer que vous allez découvrir dans ce court récit est plus mesuré, tant dans ses propos que dans ses actes. Max Allan Collins a donc repris un début de manuscrit inachevé de Mickey Spillane, et imaginé une histoire sympathique autour de la recherche d'un livre: le journal d'un parrain de la mafia qui vient de mourir. Ce journal renfermerait des secrets qui pourraient faire tomber beaucoup de gens, et pas seulement du côté des méchants!

Le manuscrit inachevé, qui a inspiré Max Allan Collins, daterait des années 80. L'auteur est resté fidèle à son "mentor" en situant donc l'action du roman dans le New York des années 80: une ville violente gangrénée par la misère. Clairement, ce polar ne marquera pas l'histoire du genre, mais c'est bien écrit, dans un style limpide, simple, et l'histoire est prenante: un "Who has it" plutôt qu'un "whodunit". Qui détient le journal intime du parrain? vous le saurez dans les dernières pages, avec un ultime rebondissement sympa. Bref, un polar d'atmosphère sans prétention qui se déguste tranquillement au bord de la piscine.

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