vendredi 20 octobre 2017

MORT À TOUS LES ÉTAGES

DUANE SWIERCZYNSKI

_____________________________________________

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides
Editions Rivages
Poche 310 pages
Première publication:
2008 (Etats-Unis)
2015 (France)
_____________________________________________

Un feu d'artifice d'action et d'humour noir sur fond de critique sociale.


Petit conseil avant de passer à la critique proprement dite de ce roman: si tu n'as pas encore lu de polars de cet auteur américain inspiré, ne commence pas par Mort à tous les étages. Ce n'est pas son meilleur roman. Attention, je ne dis pas que c'est mauvais non plus, loin de là. On passe un très bon moment à la lecture de ce pulp survitaminé. Mais si tu veux découvrir la formidable énergie créatrice du philadelphien, je te conseille plutôt de commencer par le monumental The blonde, ou le très original Date limite. Maintenant, si tu commences par Mort à tous les étages, tu ne seras pas déçu(e), tu ne vas pas t'ennuyer un instant. Avec Duane, ça commence sur les chapeaux de roue dès la première phrase du livre: "Il s'appelait paul Lewis...
... et il ne savait pas qu'il lui restait sept minutes à vivre."


Pas mal comme accroche non? Et oui, c'est ça la Swierczynski touch, il n'y pas de préliminaires, on entre tout de suite dans le vif du sujet, il y a tout le temps du rythme, de l'intensité, de la tension. Mort à tous les étages ne déroge pas à la règle. Une histoire échevelée, tordue à souhait, mélange de roman d'espionnage et de Comics déjanté, sorte de série B à l'américaine, écrite dans un style alerte, dynamique, survitaminé, percutant. Je vous résume l'intrigue: Philadelphie, fin des années 2000, les quelques salariés d'une petite start up financière sont tous convoqués un samedi matin par leur patron, David Murphy, pour une réunion exceptionnelle. Sauf que la réunion va se transformer en cauchemar. Dès le début de la réunion, David Murphy annonce à tous ses collaborateurs que personne ne sortira vivant des locaux de la société. Toutes les issues sont piégées, et les salariés ont deux possibilités: soit ils boivent un jus de fruit empoisonné, soit ils prennent une balle dans la tête. Sauf que la balle dans la tête, c'est David Murphy qui va finalement la prendre. Je n'en dis pas plus, je vous laisse le soin de découvrir la suite de ce huit-clos complètement dingue. En effet, l'intrigue se situe entièrement dans un building. La tour Montparnasse infernale version Duane Swierczynski !

Effectivement, ça part dans tous les sens, ce livre est une vraie bombe textuelle survitaminée, un suspense à grand spectacle, un feu d'artifice d'action et d'humour. Un récit teigneux, fébrile, que ne renierait pas un certain Tarantino. Oui autant vous le dire, c'est ultra-violent, on a droit à quelques scènes de torture bien saignantes. Avec en filigrane une critique subtile du libéralisme américain. Le livre étant sorti en 2008, date à laquelle a commencé la crise économique américaine. Autre fait notable: le livre est entrecoupé de scènes illustrées, ce qui donne un côté vraiment pulp à ce thriller. Au final, pas le meilleur roman de l'auteur, mais un suspense déjanté, très bien écrit, sans temps mort, avec un ultime rebondissement bien tordu, bien dans le ton du roman.

Du même auteur sur ce blog:
The blonde ; Date limite

Dans le même genre sur ce blog:
Un stagiaire presque parfait, Shane Kuhn



Aucun commentaire: