mercredi 18 novembre 2020

Les démoniaques, de Mattias Köping

 

Ainsi débute Les démoniaques: "2012. Ils reprennent en chœur: "Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire !" 
Ils l'ont encerclée, hilares, à poil. Ils sont tous là, son père, son oncle, Simplet, Waldberg, Delveau, Beloncle. Elle est à quatre pattes au milieu de la meute, fragile et nue, déchirée de sanglots. Son père la maintient par les cheveux. Elle s'appelle Kimy. Ce soir on fête ses quinze ans." 

Sacrée entrée en matière, qu'en dites-vous ? Cela donne le ton, et encore, ce n'est rien à côté de ce qui vous attend si vous décidez de poursuivre la lecture de ce fulgurant thriller, ce que je vous recommande vivement, à condition d'avoir l'estomac bien accroché, car c'est du très très lourd !

Trois ans plus tard, Kimy a grandi, elle vit toujours chez son père, enfin, elle survit comme elle peut. Kimy, la fille du monstre, Jacky Mauchrétien, dit l'Ours, car doté d'un gabarit hors normes. Officiellement exploitant forestier et propriétaire d'établissements de nuit et de bars. Officieusement trafiquant de drogue et proxénète. Globalement un psychopathe puissance mille, qui viole et prostitue sa propre fille.  Une pourriture de la pire espèce. Certainement l'un des personnages les plus abjects jamais créés par un écrivain. 

Kimy en a marre de souffrir, Kimy est intelligente, alors Kimy va élaborer un plan machiavélique pour se venger de toutes ces souffrances. Et la vengeance est un plat qui se mange froid. Et bien, vous allez voir que, dans ce roman, cette expression prend tout son sens. Et le plat servi par Mattias Köping est très, très épicé, c'est le moins que l'on puisse dire !

Je viens donc de terminer la lecture de ce roman frontal, Oui je suis encore sous le choc de cet uppercut littéraire. Un thriller tarantinesque, un mélange explosif de Pulp Fiction, de Jacky Brown, et de Kill Bill. Sauf que l'action ne se déroule pas aux Etats-Unis mais dans une petite ville fictive du département de l'Eure. Au passage, l'auteur, qui a trempé sa plume dans l'acide, dresse un portrait au vitriol de la France périphérique. Au début, je trouvais d'ailleurs que Les démoniaques était plus un roman noir de critique sociale. Mais très vite, on bascule dans le thriller sanglant. Un véritable opéra policier avec un suspense hallucinant !

Au final, un thriller ultra-violent, sauvage, toxique, écrit dans un style percutant, incisif, nerveux. Une bombe textuelle survitaminée, un livre à grand spectacle, mené avec une dextérité hors du commun. Intrigue taillée au couteau, scènes chocs, final haletant et noir comme le cauchemar. Certes, sur le fond, les éléments de l'intrigue sont finalement assez classiques, mais quel rythme dans le récit, quel suspense insoutenable, Mattias Köping possède un talent certain pour raconter une histoire, camper des personnages forts (dans tous les sens du terme), et surtout captiver ses lecteurs !

Mattias Köping, Les démoniaques, La Mécanique Générale, 372 pages, sorti en 2018. 

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