jeudi 14 janvier 2016

On achève bien les disc-jockeys, de Didier Daeninckx


Un commando débarque dans une carrière réaménagée en maison, dans le Centre de la France. Trois individus qui abattent de sang froid un homme et sa compagne. Une exécution pure et simple. Pour quelle raison ? Quel était le mobile de cette tuerie ? Il faudra aller chercher l'explication du côté d'une radio artisanale qui donne la parole aux détenus des prisons de France. Tout le talent de Didier Daeninckx concentré dans ce court polar politique, un récit dur et implacable, très bien écrit. La marque de fabrique de cet écrivain inclassable.


Car cet auteur qu'on ne présente plus excelle dans l'art de raconter de courtes histoires captivantes et surtout engagées. Pas besoin d'écrire des pages et des pages pour embarquer son lecteur dans une histoire aboutie. Les romans de cet auteur prolifique en sont la preuve. 

Je ne sais pas si ce court récit est une sorte de clin d'oeil au chef d'oeuvre de Horace McCoy On achève bien les chevaux, mais je ne peux m'empêcher de faire un parallèle entre les deux livres, ou plus précisément entre les deux auteurs. On achève bien les chevaux, qui est également un court roman, est une allégorie du capitalisme américain en général, et du show biz hollywoodien en particulier. Le rêve américain qui tourne au cauchemar. 

Didier Daeninckx lui, c'est la politique sociale française des années 2000 qu'il critique ouvertement. Un auteur engagé qui porte un certain regard sur son époque, sous un angle politico-social. Après, on peut être d'accord ou pas. Mais ce qui est sûr, ce qui compte, c'est que Didier Daeninckx est un écrivain qui sait raconter des histoires. Moi c'est tout ce que je demande à un auteur.

Didier Daeninckx, On achève bien les disc-jockeys, Pocket, 84 pages, sorti en 2006.