mardi 30 novembre 2021

Les aveux, de John Wainwright

 

"- Vous êtes fou. En êtes-vous conscient ? Vous êtes complètement fou. 
- Non, dit l'homme en secouant la tête. Avec vous, avec la police, tout est  blanc ou noir, mais la vie n'est pas comme ça. La plupart du temps, la vie est grise. Parfois gris clair, parfois gris foncé, tout en nuances et demi-mesures. Mais grise. C'est ça, la vie... une suite de compromis. 
- Avez-vous empoisonné votre femme ?
L'homme hocha la tête en guise d'assentiment."
Années 1980, Herbert Grantley, pharmacien dans une petite station balnéaire anglaise, se présente au poste de police local pour confesser un meurtre, celui de sa femme, morte un an plus tôt, officiellement d'un arrêt cardiaque. Sauf que le pharmacien affirme avoir empoisonné sa femme. C'était un crime, pas une mort naturelle.

Débute alors une sorte de face-à-face, de joute verbale entre ce pharmacien en apparence sans histoire, qui va raconter sa vie et expliquer comment il en est venu à commettre l'irréparable, et l'inspecteur-chef Lyle, qui va tenter, de son côté, de lire entre les lignes. De démêler le vrai du faux dans ce que raconte Herbert Grantley. Un interrogatoire plein de rebondissements, pour notre plus grand bonheur de lecteurs. 

Un fulgurant roman noir que j'ai dévoré d'une traite. Voilà, tout est dit. J'ai été littéralement happé par cette histoire noire comme le cauchemar, remarquablement construite, très bien écrite dans un style simple mais d'une grande puissance d'évocation. Le style d'un écrivain confirmé, qui savait raconter une histoire et captiver ses lecteurs. Ce livre est un chef d'oeuvre d'acuité psychologique et de réalisme froid. 

Ancien policier d'investigation, le regretté John Wainwright s'est inscrit dans le souci d'une narration réaliste et s'est inspiré de son expérience professionnelle pour nourrir son intrigue et lui apporter une certaine crédibilité. Rien de tel que le vécu, car l'inspecteur-chef Lyle, sorte de double littéraire de John Wainwright, est rompu aux techniques d'interrogatoire. Et capable de débusquer les incohérences dans le récit du pharmacien. La lucidité psychologique d'un policier qui ne nourrit aucune illusion sur ses congénères. Un polar décapant que je vous recommande sans réserve. 

John Wainwright, Les aveux, 10/18, 236 pages, traduit de l'anglais par Laurence Romance, sorti en 1986 (Angleterre) 2020 (France). 

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