vendredi 16 juin 2017

Le sang de la coupe, de Leighton Gage


"- Vous êtes en train de dire que les gens pensent qu'on a kidnappé la mère de notre meilleur attaquant uniquement pour diminuer le prestige d'une improbable victoire de l'Argentine ?
- Qui a dit qu'elle était improbable? risque quelqu'un.
- Moi, répondit Gonçalvez." 

Oui, au pays du futbol, enlever la mère d'un joueur de l'équipe nationale avant le commencement d'une coupe du monde est chose courante. En 2010, avant que ne débute le mondial sud-africain, Robinho a dû payer une rançon suite à l'enlèvement de sa maman par des kidnappeurs professionnels. Terrifiant non? Autre vérité dans ce dialogue extrait de cet excellent polar: argentins et brésiliens ne passeront pas leurs vacances ensemble. On ne plaisante pas avec le foot dans ces nations.

Vous l'aurez compris, l'action de ce très bon polar se déroule au Brésil. L'auteur a imaginé l'enlèvement de la mère d'un joueur de football fictif, alors que doit débuter la coupe du monde de football au brésil. SA coupe du monde. Et le joueur visé est la star de l'équipe, alors de là à dire que l'ennemi juré argentin est coupable du kidnapping de la maman, il n'y a qu'un pas que les brésiliens franchissent allègrement. Le but est de déstabliser moralement le meilleur joueur de l'équipe nationale pour que l'Argentine gagne la coupe du monde. Mais si cette affaire était aussi simple, ça se saurait. L'inspecteur Silva, LE personnage de Leighton Gage, qu'on retrouve dans tous ses polars, mène une enquête complexe. Les suspects se multiplient, les meurtres aussi!

Le sang de la coupe n'est pas du tout un thriller, pour moi, c'est un pur whodunit, un roman policier classique. Il s'agit de trouver un coupable parmi les nombreux suspects possibles présents dans le livre. Avec en toile de fond, un portrait réaliste et attachant du Brésil. Ce que j'ai vraiment aimé dans ce livre, c'est le rythme du récit, et le style d'écriture de l'auteur. Un récit limpide, sans temps mort, sans gras. Efficace, rythmé, et très agréable à lire. Un style concis, nature, vivant, peu de descriptions, beaucoup de dialogues, souvent enlevés, et non dénués d'humour brésilien. Bref un très bon moment de lecture en perspective. 

Leighton Gage, Le sang de la coupe, Points, 384 pages, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Véronique Dumont, sorti en 2012 (Etats-Unis) 2014 (France)

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