lundi 2 septembre 2019

Zone 52, de Suzanne Stock


Dans ce roman assez court, la française Suzanne Stock a construit une intrigue taillée au couteau autour du thème de la recherche scientifique américaine. Et comme nous sommes dans le domaine du thriller, l'auteure a bien évidemment imaginé le pire scénario possible. Crédible ou pas ? Difficile de répondre. On va dire qu'il y a certainement, ou plutôt malheureusement, une part de réel dans cette histoire terrifiante. Mais aussi une part de fiction, de romanesque. Ce thriller flirtant allègrement avec le fantastique. On parlera donc plutôt de thriller d'anticipation. L'auteure cherche avant tout à nous interpeller sur les dérives de la recherche médicale quand celle-ci est couverte par le secret d'état, tout en nous divertissant avec ce roman à suspense globalement bien ficelé.


Les rebondissements se doublent donc d'un portrait au vitriol, sans concession, de la recherche scientifique américaine dite officieuse, cachée. Ou quand les chercheurs jouent aux apprentis sorciers avec des cobayes humains non consentants, à l'instar de Melissa Stacker, jeune étudiante à Chicago, qui se retrouve embarquée dans une sombre machination. Dans un monde impitoyable où tous les coups sont permis, où les intérêts de la nation passent avant tout, notamment la vie humaine. Dans ce roman on tue de manière froide, clinique, des innocents car le grand public, le peuple, ne doit surtout pas être au courant de ce que ses dirigeants sont capables d'autoriser dans le seul but de renforcer la puissance militaire de l'Amérique.

Passionnée par les Etats-Unis, Suzanne Stock signe un thriller d'anticipation nerveux, tendu, implacable. Il y a vraiment un côté impitoyable dans ce roman qui ressort très nettement. Sur le fond, il faut bien le dire, rien de nouveau sous le soleil, c'est du déjà vu, un thème rebattu, une intrigue très classique, qui manque d'originalité. Certes, on ne s'ennuie pas à la lecture de ce polar plutôt bien écrit, dans un style simple, agréable, au service d'un récit bien construit, et compréhensible. Mais je trouve que ça manque de profondeur, de coffre. Au final, Zone 52 est un bon polar, mais pas un grand polar qui se distingue de la masse. 

Suzanne Stock, Zone 52, Points, 270 pages, sorti en 2016. 

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